LEADERSHIP ET VISION: Une vision développée collectivement

Depuis le début de ce blogue sur le leadership, nous parlons de la vision développée par le leader. Dans le cadre d’un projet, il ne faut pas oublier que la vision peut être développée collectivement par les membres de l’équipe. Une vision collective se développe par des personnes ayant le même niveau d’influence à cause de leurs responsabilités, de leurs expertises ou qui bénéficient du même respect des autres membres du groupe. Le chef d’équipe pourra trouver intéressant de réfléchir à une vision avec des gens qui ont des expertises complémentaires et des points de vue différents. Ils n’arriveront pas à une même image du premier coup, mais ils peuvent discuter de leurs images et s’entendent sur une image qui fera consensus. Elle sera d’autant plus motivante qu’elle aura été décidée collectivement.

Je me souviens d’une organisation d’une dizaine d’employés que je dirigeais. Lors d’un exercice de réflexion stratégique, nous avions sollicité la participation des employés et des administrateurs. Le point de vue de chacune des parties était différent, cependant le défi était de définir une vision commune du futur de l’organisation. J’ai toujours pensé qu’il avait été rentable de faire cet exercice parce que par la suite les employés comme les administrateurs savaient où nous voulions aller et comment nous voulions le faire. Les employés étaient plus autonomes pour choisir les activités les plus profitables pour l’organisation. Ils connaissaient le but de leurs actions.

En cumulant l’information du premier paragraphe et l’exemple présenté dans celui qui précède, nous pouvons déduire qu’une vision commune peut se développer dans un contexte de projet comme dans la gestion d’une organisation. Je vous invite à réfléchir sérieusement à la possibilité de travailler en groupe pour développer une vision. Ça vous paraîtra plus long que de le faire seule ou avec une équipe très réduite, mais attention à la façon dont vous évaluer le temps.

À court terme, vous avez raison, c’est plus long de travailler en groupe. Par contre, à long terme le temps passé à consulter les employés ou ses collègues dans un projet se rentabilise facilement. En effet, l’effet mobilisateur de la consultation se répercutera sur l’efficacité et la qualité du travail. Des employés mobilisés prendront de meilleures décisions et pourront le faire plus rapidement parce qu’ils sauront pourquoi ils doivent accomplir telle tâche. De plus, la plupart du temps, les décisions prises entraînent des changements dans les façons de faire et qui dit changement, dit résistance au changement.

La meilleure façon de réduire les préoccupations engendrées par un changement c’est de donner le plus d’information possible sur la nature du changement et surtout sur ce qui le motive. Or si le changement a été décidé collectivement, les gens vont comprendre le changement et surtout ils vont comprendre pourquoi il est nécessaire. La nouvelle façon de faire va donc se mettre en place plus rapidement et plus facilement.

Avez-vous des expériences de visions partagées collectivement?

Ont-elles été positives?

Êtes-vous d’accord avec le fait que le fait de travailler en groupe fait sauver du temps à moyen et long terme?

Gérard Perron, PMP

Expert-conseil en développement économique et organisationnel

REGROUPEMENT DE TÉLÉTRAVAILLEURS : POUR OU CONTRE?

Je repense à un blogue que publiait Olivier Schmouker cet été sur le bureau de l’avenir. Il faisait référence à un projet immobilier à Melesse, en Bretagne où les résidences sont pensées en fonction du télétravail.

« Les maisons sont conçues sur mesure pour que leurs occupants puissent travailler de chez eux. Ainsi, ces 105 maisons et 65 appartements permettent de faire fonctionner des ordinateurs en réseau grâce à un câblage local. Un bâtiment spécifique à l’entrée du domaine offre une salle de réunion, un espace d’exposition, des photocopieurs, de petits bureaux et même une gestion mutualisée du courrier. « Ce concept est proche de celui des pépinières d’entreprises. Il intéresse des ingénieurs en informatique, des consultants, des commerciaux, des représentants en assurances qui veulent travailler chez eux et bénéficier de services professionnels à proximité », explique Arnaud Jeulin, responsable commercial, de Performance Promotion, l’initiateur du projet[1]. »

Lorsque j’ai lu cette information, j’ai trouvé l’idée intéressante. En effet, de se regrouper pour se donner des services collectifs, c’est une idée qui me plaît. Ceux qui me connaissent savent que j’ai travaillé longtemps dans le milieu coopératif et que « se regrouper pour répondre à un besoin commun » fait partie de la génétique coopérative. Le concept permet des économies d’échelle intéressantes et facilite le réseautage de gens qui ont des besoins communs.

Par contre, je dois admettre que je me demande sincèrement si ça me plairait de vivre tout le temps avec des gens qui ont le même profil professionnel. Je suis un adepte des regroupements professionnel, mais je ne suis pas sûr que je vivrais dans un « ghetto de télétravailleurs ». Je suis un adepte de la complémentarité et je pense que je me sentirais mal à l’aise de toujours côtoyer des gens avec le même profil professionnel, même si c’est le mien et que j’aime ce que je fais.

En plus, je suis convaincu que la diversité est stimulante professionnellement et personnellement. Par exemple, les meilleures équipes sont composées de gens complémentaires (expertise, caractère, âge, sexe, cultures…). Ces différences amènent des confrontations stimulantes lorsqu’elles sont bien gérées.

Je suis plutôt du genre à séparer la vie professionnelle et la vie personnelle. Je m’investis à fond dans les deux, mais je préfère une distance entre les deux. C’est plus facile à dire qu’à faire, surtout lorsqu’on travaille à domicile. Je pense y réussir assez bien et ma conjointe me rappelle à l’ordre de temps en temps. Personnellement, je me regroupe avec des individus pour ma vie professionnelle et avec d’autres pour ma vie familiale. Par exemple, je vis dans une maison multi générationnelle où j’ai la chance de côtoyer quotidiennement ma fille et mes petits enfants. Pour la gestion de projet, je suis membre du PMI Lévis-Québec et j’échange régulièrement avec des collègues qui pratiquent cette profession. Ces deux regroupements sont importants pour moi, mais chacun en son temps.

Je suis curieux de connaître votre idée à ce sujet : vivriez-vous dans un développement domiciliaire semblable à celui présenté en Bretagne?

Une chose est certaine, Olivier Schmouker a piqué ma curiosité et si je passe près de Melesse, je vais faire un détour pour constater à quoi ça ressemble et comment les gens s’y plaisent.

Gérard Perron, PMP