REGROUPEMENT DE TÉLÉTRAVAILLEURS : POUR OU CONTRE?

Je repense à un blogue que publiait Olivier Schmouker cet été sur le bureau de l’avenir. Il faisait référence à un projet immobilier à Melesse, en Bretagne où les résidences sont pensées en fonction du télétravail.

« Les maisons sont conçues sur mesure pour que leurs occupants puissent travailler de chez eux. Ainsi, ces 105 maisons et 65 appartements permettent de faire fonctionner des ordinateurs en réseau grâce à un câblage local. Un bâtiment spécifique à l’entrée du domaine offre une salle de réunion, un espace d’exposition, des photocopieurs, de petits bureaux et même une gestion mutualisée du courrier. « Ce concept est proche de celui des pépinières d’entreprises. Il intéresse des ingénieurs en informatique, des consultants, des commerciaux, des représentants en assurances qui veulent travailler chez eux et bénéficier de services professionnels à proximité », explique Arnaud Jeulin, responsable commercial, de Performance Promotion, l’initiateur du projet[1]. »

Lorsque j’ai lu cette information, j’ai trouvé l’idée intéressante. En effet, de se regrouper pour se donner des services collectifs, c’est une idée qui me plaît. Ceux qui me connaissent savent que j’ai travaillé longtemps dans le milieu coopératif et que « se regrouper pour répondre à un besoin commun » fait partie de la génétique coopérative. Le concept permet des économies d’échelle intéressantes et facilite le réseautage de gens qui ont des besoins communs.

Par contre, je dois admettre que je me demande sincèrement si ça me plairait de vivre tout le temps avec des gens qui ont le même profil professionnel. Je suis un adepte des regroupements professionnel, mais je ne suis pas sûr que je vivrais dans un « ghetto de télétravailleurs ». Je suis un adepte de la complémentarité et je pense que je me sentirais mal à l’aise de toujours côtoyer des gens avec le même profil professionnel, même si c’est le mien et que j’aime ce que je fais.

En plus, je suis convaincu que la diversité est stimulante professionnellement et personnellement. Par exemple, les meilleures équipes sont composées de gens complémentaires (expertise, caractère, âge, sexe, cultures…). Ces différences amènent des confrontations stimulantes lorsqu’elles sont bien gérées.

Je suis plutôt du genre à séparer la vie professionnelle et la vie personnelle. Je m’investis à fond dans les deux, mais je préfère une distance entre les deux. C’est plus facile à dire qu’à faire, surtout lorsqu’on travaille à domicile. Je pense y réussir assez bien et ma conjointe me rappelle à l’ordre de temps en temps. Personnellement, je me regroupe avec des individus pour ma vie professionnelle et avec d’autres pour ma vie familiale. Par exemple, je vis dans une maison multi générationnelle où j’ai la chance de côtoyer quotidiennement ma fille et mes petits enfants. Pour la gestion de projet, je suis membre du PMI Lévis-Québec et j’échange régulièrement avec des collègues qui pratiquent cette profession. Ces deux regroupements sont importants pour moi, mais chacun en son temps.

Je suis curieux de connaître votre idée à ce sujet : vivriez-vous dans un développement domiciliaire semblable à celui présenté en Bretagne?

Une chose est certaine, Olivier Schmouker a piqué ma curiosité et si je passe près de Melesse, je vais faire un détour pour constater à quoi ça ressemble et comment les gens s’y plaisent.

Gérard Perron, PMP

 

La gestion de projet et les coopératives

En complément à un article que j’ai publié au printemps 2011, voici un document vidéo présentant l’importance de tenir compte des fédérations dans la gestion d’un projet coopératif et pourquoi un projet coopératif doit se gérer comme un projet public dans les coopératives ayant un large membership.La gestion de projet et les coopératives

LES COOPÉRATIVES ET LA COMMUNICATION AVEC LES PARTIES PRENANTES

Dans un article que je publiais en mars pour le compte du groupe PMGS, je m’intéressais à la gestion de projet dans les coopératives et j’affirmais que les coopératives développent naturellement une habileté à communiquer avec plusieurs parties prenantes. J’aimerais approfondir cette affirmation.

Les coopératives peuvent faire partie de plusieurs réseaux et quelquefois ces réseaux sont obligatoires. Je pense ici aux caisses du réseau Desjardins ou aux mutuelles du réseau Promutuel, pour lesquelles l’appartenance au réseau est obligatoire. Mais au-delà des réseaux fédératifs (alimentation, services funéraires, santé, travail…), il y a au Québec et au Nouveau-Brunswick les regroupements régionaux dans les coopératives de développement régional. Et les coopératives comme toutes entreprises peuvent faire partie de réseaux d’affaires dans leur secteur d’activité.

Par exemple, une coopérative d’alimentation peut être membre de la fédération des coopératives d’alimentation, de sa coopérative de développement régional, d’un regroupement d’épiceries sous une bannière (IGA, Provigo…), d’une association de détaillants en alimentation et de la Chambre de commerce locale. Certains de ces réseaux peuvent avoir des exigences de reddition de compte qui sont strictes. Par exemple, le grossiste en alimentation ou la fédération sectorielle.

Cette appartenance à plusieurs réseaux oblige les coopératives à communiquer avec plusieurs parties prenantes. Ainsi leurs dirigeants développent des habiletés pour cette communication, puisqu’en plus ils doivent avoir une bonne communication avec leur conseil d’administration et avec leurs membres. Même si ce n’est pas toujours facile, les gestionnaires de coopératives apprennent à développer des canaux de communication et à maîtriser la qualité de leurs messages.

Les coopératives, à cause de leur appartenance à différents réseaux, communiquent mieux avec les différentes parties prenantes.

Ceci étant dit, les mauvaises langues disent que les coopératives ont trop de réseaux et qu’ils perdent ainsi du temps qu’ils pourraient investir à améliorer leurs pratiques d’affaires. Qu’en pensez-vous?

Gérard Perron, PMP

Expert-conseil en développement économique et organisationnel