LES DÉFIS DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE LOCAL (LA CORÉE DU SUD)

Au moment où j’écris ces lignes, je suis en Corée du Sud où je termine un séjour d’une semaine. J’étais invité à une conférence internationale de 3 jours sur le développement local et coopératif. J’ai rencontré beaucoup de gens intéressés à utiliser la formule coopérative pour améliorer la situation socioéconomique de leur coin de pays.

Référence : http://jb-coop.com/2012/inner.php?sMenu=main

Les responsables coréens voulaient évaluer ce qui se fait ailleurs, pour ensuite planifier les prochaines étapes chez eux. Cinq experts de différents pays participaient comme conférenciers à l’événement :

  • Greg Macleod, Cape Breton, Canada
  • Iñazio Irizar, Mondragon, Espagne
  • Sara Depedri, Trentino, Italie
  • Kisaburo Okayasu, Japon
  • Gérard Perron, Québec, Canada

C’était excitant pour moi d’avoir le privilège de recevoir cette masse d’information intéressante de la part des conférenciers étrangers et des personnes impliquées dans le développement local et coopératif en Corée. C’était aussi un honneur de présenter les résultats du développement coopératif au Québec. Nous oublions souvent que le Québec est reconnu internationalement pour son efficacité dans ce domaine.

L’expérience de Mondragon est toujours inspirante. Cette petite ville, enclavée dans les montagnes du Pays Basque espagnol, a réussi à partir des années 50 à créer un conglomérat coopératif qui emploie aujourd’hui plus de 80 000 personnes et qui a des succursales un peu partout dans le monde. Leur développement s’est surtout fait par des coopératives de travail et une banque coopérative est au cœur de leur organisation :

Référence : http://www.mondragon-corporation.com/default.aspx

La région de Trentino en Italie est aussi intéressante parce qu’elle a su intégrer le développement coopératif avec le développement socio-économique de la région. Beaucoup d’effort est fait pour renforcer le réseau coopératif et s’assurer que les coopérateurs respectent les principes coopératifs, particulièrement l’éducation coopérative, la coopération entre les coopératives et l’engagement envers la communauté.

Références : http://www.ftcoop.it/portal/Home/IlNostromondo/intrentino/federazione/cooperation_englishversion/tabid/737/Default.aspx

Pour ma part, j’ai présenté la force du mouvement coopératif québécois en rappelant que le premier employeur privé au Québec est le Mouvement Desjardins et le cinquième employeur en importance est le réseau des coopératives agricoles. J’ai présenté les résultats du réseau des coopératives de développement régional qui a créé 327 coopératives les trois dernières années, créant ou maintenant ainsi 1 234 emplois.

J’ai surtout insisté sur le fait que la performance du Québec en développement coopératif est due à son solide réseau composé de 15 fédérations sectorielles et de 11 coopératives de développement régional, regroupées sous le Conseil de la coopération et de la mutualité du Québec. La synergie de ce regroupement a permis de consolider une forte collaboration avec le gouvernement provincial et de mettre en place un système d’appui qui donne accès à du financement pour les coopératives et du soutien professionnel pour leur développement.

Les activités tenues ces derniers jours en Corée auront permis aux gouvernements de réaliser davantage le potentiel du développement coopératif pour l’amélioration de la situation socio-économique du pays. Le gouvernement central et les gouvernements de certaines provinces semblent décider à appuyer le développement coopératif. Quelques universités ont aussi montré leur enthousiasme pour accompagner les efforts de développement. Les coopératives sont moins bien implantées qu’au Québec, mais elles devraient mettre la main à la pâte pour prendre en main leur développement. Les secteurs des banques coopératives, de l’agriculture et des magasins d’alimentation sont les plus structurés en ce moment.

Une plateforme d’échange virtuelle a été mise en place entre les chercheurs, les coopérateurs, les intervenants gouvernementaux et les experts internationaux. Elle permettra d’approfondir la réflexion sur les prochaines étapes et de stimuler la mise en place d’un plan d’action.

Il sera intéressant de suivre l’évolution du développement coopératif en Corée du Sud. Je retire de cette expérience quelques idées pour le développement coopératif au Québec…

Gérard Perron, PMP

www.gerardperron.com

Séoul. Le 7 octobre 2012

 

QUELLE CATÉGORIE DE COOPÉRATIVES EST LA PLUS POPULAIRE AU QUÉBEC?

Le Québec est reconnu pour son dynamisme en développement de coopératives. Savez-vous quelle catégorie de coopératives se développe le plus? En 2011, près de six nouvelles coopératives sur dix étaient des coopératives de solidarité[i]. Et ce n’est probablement pas un hasard, les coopératives de solidarité répondent la plupart du temps à des besoins de services de proximité. C’est une réponse des citoyens pour se prendre en main et se donner des services qu’ils trouvent importants pour la communauté. Par exemple :

« La Coopérative de santé de la MRC Robert-Cliche a pour mission de développer un réseau de services de proximité en soins de santé. Elle souhaite offrir aux membres une offre globale de services comprenant la médecine familiale, mais aussi des soins complémentaires et alternatifs. De plus, la coopérative souhaite intégrer la promotion et prévention de la santé dans ses activités[ii]. »

Une coopérative de solidarité est une coopérative qui regroupe les usagers d’un service, les travailleurs qui offrent le service et des partenaires de la communauté. Dans l’exemple plus haut, le conseil d’administration de cette coopérative est composé de membres qui représentent des secteurs géographiques de la MRC, d’un médecin, d’un membre du personnel et d’un membre du Mouvement Desjardins (qui a appuyé l’initiative). Des représentants du secteur de la santé siègent comme observateurs.

Ce que je trouve encourageant dans cette formule coopérative c’est l’esprit de prise en charge. La communauté se mobilise pour solidairement se donner un service au lieu d’attendre après le messie. Dans une société où la démocratie est malmenée (scandales électoraux, manque d’écoute des gouvernements, faible participation aux élections…), c’est réconfortant de constater que les regroupements démocratiques ont encore leur place.

Il faut aussi noter que la formule coopérative a su s’adapter pour permettre ce genre de regroupement où plusieurs partenaires siègent à la même table. En effet, on aurait pu penser que les intérêts des usagers de la clinique, des médecins et des employés étaient différents. S’ils ont des différences, ils ont aussi des convergences. La coopérative tire profit de ces convergences pour se développer.

Il faut féliciter et encourager les gens qui ont cet esprit collectif.

Connaissez-vous d’autres expériences que j’aurais pu mettre en évidence?

Gérard Perron, PMP

www.gerardperron.com

 


[i] Gouvernement du Québec, MDEIE, Direction des coopératives, Évolution des constitutions de coopératives non financières, 2002 à 2011, http://www.mdeie.gouv.qc.ca, janvier 2012

LA RELÈVE POUR VOTRE ENTREPRISE EST PEUT-ÊTRE PLUS PROCHE QUE VOUS LE PENSEZ!

Plusieurs propriétaires d’entreprises pensent à laisser leur place et la relève est souvent plus proche que l’on pense. Il y a plusieurs options pour trouver de la relève. Je veux aujourd’hui profiter de l’année internationale des coopératives pour rappeler une option qui a fait ses preuves et qui permet une transition avec un bon encadrement.

Saviez-vous que les employés de votre entreprise peuvent être une relève idéale?

  • Ils connaissent bien votre organisation.
  • Ils vous ont appuyé tout au long de votre cheminement.
  • Ils sont intéressés à ce que l’entreprise prospère.
  • Ils veulent qu’elle demeure ancrée dans sa communauté.

Vous pourrez choisir votre échéancier de départ. Les employés peuvent acheter l’entreprise rapidement en formant une coopérative de travail et en devenant propriétaires. À ce moment, ils vont embaucher un directeur général qui sera responsable de l’administration. Ce dernier rendra des comptes au conseil d’administration de la coopérative qui lui donnera les grandes orientations.

Les employés vous laisseront probablement jouer un rôle de mentor pour que vous les accompagniez dans la transition. Ce qui vous permettra un retrait en douceur tout en jouant un rôle important pour eux et valorisant pour vous.

Vous pouvez aussi choisir d’y aller plus lentement en prenant une période de transition de quelques années et demeurer en poste comme actionnaire principal tout en vous départissant de vos actions selon un scénario décidé entre vous et vos employés. À ce moment, les employés formeront une coopérative de travail qui sera actionnaire de votre entreprise. La répartition des actions sera décidée conjointement. Ce sont peut-être les employés qui proposeront ce scénario pour se donner le temps de s’acclimater aux responsabilités d’entrepreneur.

Si vous doutez de la capacité de vos employés à prendre la relève de votre entreprise, je vous suggère de vous renseigner sur des expériences qui démontrent leur potentiel. Il y en a plusieurs au Québec et je vous présente quelques références :

Il y a aussi des expériences inspirantes en Europe, notamment en Espagne dans la région de Mondragon et en France avec le réseau des SCOP. Pour avoir personnellement visité la ville de Mondragon, je peux témoigner que c’est fort impressionnant de voir une multitude d’entreprises de 500 travailleurs et plus et qui sont toutes des coopératives de travail. Ces entreprises fabriquent des électroménagers, des wagons de métro, des bouteilles, des composantes de satellites, etc.

Plusieurs professionnels peuvent vous accompagner dans les différentes étapes. Des organisations comme Capital régional et coopératif Desjardins, Investissement-Québec, Fondaction, les Coopératives de développement régional, connaissent bien ces formules coopératives et peuvent guider aussi bien le propriétaire actuel que les employés.

Si vous pensez que les employés n’ont pas les moyens d’acheter votre entreprise, vous pourriez avoir des surprises. Il existe des programmes financiers qui facilitent l’accès à la propriété pour les employés. Les organismes mentionnés plus haut pourront vous renseigner.

Oserez-vous faire confiance à vos employés?

Connaissez-vous des expériences similaires?

Gérard Perron, PMP

www.gerardperron.com