DÉCOUVREZ POURQUOI LES BOTTINES DOIVENT SUIVENT LES BABINES

La cohérence est une qualité essentielle chez un gestionnaire d’organisation comme chez un gestionnaire de projet. Si vous n’êtes pas sincère, ça se détectera tôt ou tard. Comme les actes parlent plus que les paroles, le gestionnaire a intérêt à être sincère et cohérent s’il veut développer et maintenir sa crédibilité.

Les pratiques de gestion doivent être cohérentes avec les principes mis de l’avant. La gestion ne peut être participative sans l’application de cette règle. Dans le cas contraire, la gestion participative sera une mode passagère, un peu comme de la confiture pour faire avaler du pain sec. « Avec une gestion participative de façade, on ne responsabilise pas les individus, on rend tout simplement l’obéissance moins pénible[1]. »

Je raconte souvent l’habitude qu’un directeur général avait de consulter ses employés mensuellement sur diverses questions. Après la rencontre, il leur apprenait la décision qui avait été prise quelques jours auparavant par le conseil d’administration sur les mêmes questions. Inutile de vous dire que les employés ont rapidement compris que la consultation était de la frime.

Lorsqu’un gestionnaire consulte son équipe, il doit leur préciser pourquoi il les consulte et comment la décision sera ensuite prise. Il se peut que la consultation soit décisionnelle, comme il peut arriver que l’information serve à alimenter une discussion qui sera tenue ultérieurement par les responsables de la prise de décision. Si l’information est claire au départ, les équipiers sauront pourquoi ils sont consultés et ils pourront décider du niveau de leur implication. À la longue, s’ils réalisent que leurs opinions sont prises en compte, même s’ils ne sont pas toujours retenus, ils seront de plus en plus généreux dans leurs commentaires.

La rapidité de réaction est importante. Par exemple si en consultant les employés ils nous apprennent que l’éclairage est inadéquat sans un secteur. Il faut, dans les jours qui suivent, apporter un correctif ou annoncer que le correctif sera apporté et dans quel délai. Si la suggestion n’est pas retenue, la même règle de rapidité s’applique : il faut rapidement informer les intéressés de la raison du refus. Ils ne seront peut-être pas contents du refus, mais au moins ils sauront que leur opinion a été analysée et pourquoi elle n’a pas été retenue.

La cohérence n’est pas toujours facile à obtenir. Heureusement, si nous œuvrons dans un climat de confiance, il y aura toujours quelqu’un de vigilant (et peut-être de courageux) pour nous rappeler notre incohérence. Si nous sommes sincères, nos collègues nous pardonneront nos petites incohérences. Ce qu’ils ne nous pardonneront pas, c’est d’essayer de les cacher. Sachons nous entourer de gens capables de nous rappeler que « les bottines doivent suivre les babines ».

Avez-vous des exemples d’incohérences flagrantes?

Pensez-vous que vos bottines suivent vos babines?

Gérard Perron, PMP

www.gerardperron.com


[1] Gérard Perron, La gestion participative, Les Éditions Transcontinental, 1997.

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