Je me considère comme un observateur privilégié : depuis plus de 50 ans, j’ai eu l’occasion de gérer, d’administrer et d’accompagner des organisations. Dans ce carnet, j’aimerais partager avec vous quelques-unes de mes observations sur la gouvernance, le leadership et une gestion que j’ai toujours souhaitée la plus participative possible.
2_Est-ce que je peux avoir de l’influence ?
L’actualité nous accable de mauvaises nouvelles. En discutant avec nos amis et nos connaissances, on constate facilement un certain climat de morosité.
Il y a de bonnes raisons à cela : le contexte géopolitique, les changements climatiques, la radicalisation et les extrémismes amplifiés, par les réseaux sociaux, l’augmentation des inégalités sociales et les tensions qu’elles engendrent…
Il est normal de se demander : quelle influence pouvons-nous réellement avoir sur ces situations ?
C’est en écoutant Boucar Diouf que j’ai eu l’idée d’écrire ce billet. Il disait à peu près ceci :
« Si tu ne sais pas si tu peux avoir de l’influence, imagine-toi passer la nuit dans une tente avec un maringouin. »
Cela m’a bien fait rire. Mais, derrière la plaisanterie, j’y ai trouvé une idée plutôt encourageante : nous avons parfois beaucoup plus d’influence que nous le croyons.
Avons-nous plus d’influence que nous le croyons ?
En réfléchissant au climat de morosité dont je viens de parler, je me considère comme plutôt optimiste quant à l’avenir, comparativement aux membres de mon réseau d’amis et de connaissances.
Je me suis demandé pourquoi.
Je considère que, pour avancer avec assurance dans la vie, il faut avoir de bons réseaux. Pas seulement un réseau professionnel, mais différents types de relations :
- des amis intimes à qui nous pouvons nous confier ;
- des gens qui nous apprécient et vers qui nous pouvons nous tourner lorsque nous doutons de nous ;
- des gens qui nous critiquent et nous permettent de nous remettre en question et de nous améliorer ;
- des relations professionnelles qui peuvent nous ouvrir des portes ;
- Des amis « dépanneurs » prêts à nous épauler dans les domaines où nous sommes moins habiles, et que nous pouvons nous-mêmes aider en retour.
Et j’en oublie certainement.
Je pense avoir de bons réseaux. Mais il faut regarder plus loin : je suis aussi convaincu que la solidarité est une formidable source d’influence.
Par exemple, je suis mentor avec SAGE mentorat d’affaires. Ce réseau m’aide à me développer dans cette activité, mais il crée également un environnement où des dirigeants d’entreprise peuvent compter sur la solidarité de leurs pairs.
J’ai aussi souvent œuvré dans des réseaux collectifs, notamment dans des milieux coopératifs et des organismes à but non lucratif. Ces expériences m’ont permis de constater une chose : lorsque des personnes mettent leurs forces en commun, leur capacité d’agir devient beaucoup plus grande que celle de chacun prit isolément.
Et la relève ?
J’entends souvent dire que les jeunes ne sont pas aussi travaillants et débrouillards que dans « notre temps ».
Je n’ai pas cette image de la jeunesse.
Dans ma famille comme dans mes réseaux de connaissances, je vois des jeunes qui s’organisent, qui sont animés par des valeurs humanistes et qui s’engagent dans des regroupements supportant des causes qui, de mon point de vue, sont très valables.
J’ai notamment côtoyé des responsables de coopératives scolaires qui permettent aux étudiants de se procurer des fournitures scolaires à un bon rapport qualité-prix.
Ces jeunes ne changent peut-être pas le monde à eux seuls. Mais ils apprennent déjà qu’en se regroupant, on peut faire une différence.
Et l’environnement ?
Je pense aussi à un autre domaine où la solidarité peut des résultats positifs : l’environnement.
Depuis plusieurs années, des scientifiques de plusieurs disciplines et de plusieurs pays travaillent ensemble afin de trouver des solutions. Des entreprises, des citoyens, des organismes et des gouvernements expérimentent également de nouvelles façons de faire.
Plus nous serons capables de travailler ensemble, plus nous augmenterons nos chances de trouver des solutions et de les mettre en œuvre.
Je ne crois pas que nous soyons impuissants devant les grands problèmes qui nous préoccupent.
Nous ne sommes peut-être pas à la tête d’un pays. Nous ne contrôlons pas les grands événements mondiaux. Mais nous exerçons une influence sur notre entourage : notre famille, nos amis, nos collègues, nos organisations, nos réseaux.
Et cette influence peut se multiplier lorsque nous agissons solidairement.
Peut-être que la question n’est donc pas seulement : « Quelle influence puis-je avoir ? »
Mais plutôt : « Que pouvons-nous accomplir ensemble que nous ne pourrions jamais atteindre seuls ? »
Et vous, quel est votre niveau d’optimisme face à l’avenir ? Et qu’est-ce qui nourrit cet optimisme ?
Gérard Perron
29 septembre 2026