LES GENS AVANT TOUT

Je ne voulais pas insister sur le mot d’ordre de mon entreprise « L’humain au cœur de votre développement », mais ce blogue m’y amène directement. Je fais référence dans ce texte à un blogue publié par Jorge Valdés Garciatorres, en janvier dernier. Il insistait sur l’importance des relations avec les gens dans le succès d’un projet. Vous comprendrez que le sujet m’a intéressé et que je suis entièrement en accord avec lui.

Je l’ai souvent mentionné : c’est important de créer un climat de confiance avec les parties prenantes d’un projet si nous voulons réussir. Tout comme le climat de confiance avec les différents partenaires de notre entreprise (employés, gestionnaires, clients, fournisseurs, collaborateurs…) est important si nous voulons connaître du succès.

Ça ne veut pas dire qu’il faut négliger les processus ou les résultats attendus du projet, mais plutôt que nous devons mettre autant d’énergie à développer une bonne relation avec les principales parties prenantes de notre projet que nous en mettons à s’assurer que le résultat sera conforme à ce qui est prévu au contrat.

Je me permets dans le présent blogue de vous partager les trucs que nous présente monsieur Garciatorres dans son blogue cité plus haut.

1. Les bonnes manières ont toujours leur place

Des mots simples comme bonjour, merci, au revoir, s’il vous plaît… font toujours plaisir et lorsqu’ils sont sincères, ils démontrent de l’attention et du respect.

2. Faire preuve de respect

Lors d’une conversation avec une personne, il faut lui donner toute votre attention. Ne vous laissez pas distraire. Lorsqu’on écoute quelqu’un, il faut être attentif à ce qu’il dit et non penser à la réponse qu’on va lui faire.

Je me souviens d’un bon conseil que j’ai reçu un jour et que je m’efforce d’appliquer. Un de mes proches me faisait remarquer que lorsque je discutais avec quelqu’un en public, je regardais souvent autour pour voir quelles étaient les autres personnes que je connaissais. Cette curiosité, même si elle était légitime, lançait comme message à mon interlocuteur que je désirais rencontrer d’autres personnes et donc que je n’étais pas 100 % disponible pour lui.

3. Être attentif au langage corporel

Le corps parle davantage que nos paroles. Il faut être attentif au message que nous lance notre interlocuteur et il faut être conscient de nos propres messages corporels. Par exemple, croiser les bras démontre de la distance. Nous devons établir un bon contact visuel et nous tenir en face de notre interlocuteur.

4. Partager quelque chose de personnel

Efforcez-vous à trouver des affinités avec votre interlocuteur. Ce sera peut-être l’endroit où vous avez étudié, un sport que vous aimez, un endroit où vous avez passé des vacances… Tentez de trouver un bon moment pour introduire ce sujet.

5. Briser la glace

Efforcez-vous à trouver ses intérêts. Vous lui démontrerez votre attention et votre respect en discutant de ses passions : un sport, un loisir, une cause humanitaire… N’hésitez pas à les introduire dans la conversation.

Je ne le répéterai jamais assez, votre intérêt doit être sincère. Si vous jouez un jeu, votre attitude vous trahira tôt ou tard. N’oubliez pas que le respect que vous portez à quelqu’un vous sera rendu. Ce respect dans les relations constituera une base solide pour les développer.

Avez-vous d’autres trucs à partager pour démonter votre attention envers quelqu’un?

Gérard Perron, PMP

www.gerardperron.com

 

LA RÉALISATION DE LA VISION

Maintenant que nous avons une vision, il faut s’organiser pour qu’elle se réalise. Deux actions sont nécessaires : la communiquer et la planifier. Communiquer la vision est un processus continu qui commence par la présentation initiale du projet et se poursuit par une stratégie d’interactions continuelles. La planification se fait avec les membres de l’équipe qui développeront les stratégies nécessaires pour que la vision se réalise.

Communication de la vision

Il est important de préciser que le « commanditaire » (le client principal, celui qui a commandé le projet) doit être à l’aise avec la vision. Elle doit lui être présentée pour s’assurer qu’elle est en concordance avec les valeurs et les attentes de ce dernier. Parfois, c’est lui-même qui développera et communiquera la vision à l’équipe. Dans tous les cas, il doit être d’accord avec la vision, il doit la faire sienne et la promouvoir.

Le plus souvent, la vision est présentée au lancement du projet par le chef de projet. Elle n’a pas besoin d’être écrite. Cependant, elle doit être claire et statuer explicitement les normes qui sont attendues. Par exemple, si l’on doit répondre aux demandes du client en deçà de 24 heures, ça doit être clair pour tout le monde.

Certains leaders ont un talent inné d’orateur. Ils pourront l’utiliser à bon escient lors du lancement du projet pour communiquer la vision d’une manière positive et motivante. Pour ceux qui n’ont pas ce talent naturel, l’utilisation de tableaux ou d’images pourra compenser le manque de bagou. Naturellement, c’est le moment d’affirmer l’importance du projet pour l’organisation et comment les membres de l’équipe profiteront de ce projet (développement de compétences, promotions…).

La vision doit être présentée à chaque membre de l’équipe et la présentation peut être personnalisée. Il peut être pertinent d’insister sur certains aspects avec certaines personnes alors d’autres seront concernés par d’autres aspects. La vision doit être présentée tout au long du projet et de différentes façons; ce peut être par des mémos, des bulletins d’information, lors des réunions d’équipe, lors de rencontres individuelles. Elle doit être présentée souvent durant la phase de planification, lorsque de nouveaux membres se joignent à l’équipe et lorsque l’on donne du feedback sur la performance.

Planification de la vision

La première chose à faire est de présenter des objectifs spécifiques reliés à la vision. Une façon simple de le faire est de partir des déclarations « ce serait merveilleux si… » (Voir article : comment développer une vision). Par exemple, « Ce serait merveilleux si le site Internet gagnait le prix du plus beau site dans notre secteur d’activité. », deviendra : « notre site Internet gagne le prix du plus beau site de notre secteur ». Ensuite, le travail consiste à développer des stratégies pour accomplir chacun des objectifs.

Ainsi, la planification ne consiste plus à trouver comment faire le travail, mais à trouver comment atteindre les objectifs.

Avez-vous d’autres exemples à partager sur la réalisation de la vision?

Ce blogue est inspiré du livre : Project Leadership, form theory to practice; Pinto, Thomas, Trailer, Palmer and Govekar; Project Management Institute; 1998.

Ce blogue est le septième d’une série que j’ai écrite sur la vision. Allez à http://fr.gerardperron.com/blog/ et cliquez sur les archives.

Gérard Perron, PMP

Expert-conseil en développement économique et organisationnel

 

LES PRINCIPES DE GOUVERNANCE: LE LEADERSHIP

Lors d’un blogue antérieur (http://fr.gerardperron.com/2012/05/connaissez-vous-les-principes-de-gouvernance-2/), je présentais les six principes qui doivent guider la gouvernance :
Leadership
• Innovation
• Intendance
• Contrôle
• reddition de compte
• citoyenneté.
Dans celui-ci, je précise le premier, soit le leadership que je définis ainsi : « Le Conseil doit assumer clairement sa responsabilité pour décider comment les questions de gouvernance vont être traitées. »
Il est important de préciser que la gouvernance d’une organisation est clairement la responsabilité du conseil d’administration et que chaque administrateur doit assumer personnellement cette responsabilité. Il n’est pas question ici de jouer à Ponce Pilate.
Plus concrètement, pour assumer son leadership il faut être efficace comme conseil d’administration.
Mais qu’est-ce qu’un conseil efficace?
Les administrateurs doivent développer un esprit d’équipe. C’est un défi d’apprendre à travailler en équipe. Il faut s’entendre sur les façons de faire et vouloir développer les compétences de l’équipe.
Les administrateurs:
• Se concentrent sur les enjeux stratégiques
• Connaissent le contexte d’affaires de l’entreprise
• Sont engagés envers l’organisation
• Savent s’adapter à l’organisation
• Participent de façon constructive

Les Conseils efficaces:
• Se concentrent sur les enjeux stratégiques (quels sont les vôtres?)
• Ne se mêlent pas des opérations de gestion
• Définissent ce que sont les opérations de gestion et quand le Conseil doit intervenir (c.-à-d., éléments déclencheurs)
Les Conseils efficaces exigent que :
• Chaque administrateur adhère à la mission
• Aie un rôle précis dans l’équipe
• Se prépare aux rencontres
• Y participe de façon constructive et efficace
• Évite les conflits d’intérêts
Lorsque vous êtes administrateur, assumez-vous votre leadership?
Si oui, bravo. Sinon, quelles sont les actions que vous devrez poser pour l’assumer?
Si vous pensez que quelques administrateurs connaissent mal leur rôle et leurs responsabilités, n’hésitez pas à exiger une formation en gouvernance pour le conseil d’administration. Vous préviendrez ainsi bien des problèmes et aurez plus de plaisir à remplir votre mandat.
Gérard Perron, PMP
http://www.gerardperron.com

CONNAISSEZ-VOUS LES PRINCIPES DE GOUVERNANCE?

LES-PRINCIPES-DE-GOUVERNANCE

Qu’est-ce que la gouvernance?

La réponse la plus simple et complète est la suivante : le système par lequel les entreprises sont dirigées et contrôlées.

Pour que ce système fonctionne, la saine gouvernance doit faire partie de la culture de l’organisation et doit s’inspirer de principes directeurs. Voici ceux que Brown Governance recommande :

 

UN TABLEAU DE BORD RASSEMBLEUR

Il se dit beaucoup de choses sur les tableaux de bord, mais rarement on insiste sur son utilité comme outil rassembleur. Que ce soit pour la gestion d’une organisation ou pour la gestion d’un projet, l’utilité d’un tableau de bord est incontestable. Ce dernier est régi par quelques règles de base. Il doit être :

  • clair
  • visuel
  • être limité à quelques indicateurs clés
  • présenter les écarts aux objectifs ou aux normes
  • être personnalisé aux clientèles visées (conseil d’administration, équipe de direction, équipe de projet…)

Lorsque je conduis ma voiture, je n’ai pas besoin de savoir la pression d’air dans mes pneus ou ce qui se passe à l’intérieur de mon moteur. Par contre, j’ai besoin de connaître ma vitesse, le volume d’essence qui me reste, si mes clignotants fonctionnent et aussi d’être avertis s’il y a un problème majeur avec le moteur ou les freins, etc. Le tout doit être facile à lire et très visuel.

Si je suis responsable des ressources humaines, j’aurai besoin de savoir le roulement de personnel, l’absentéisme, les dépenses de formation en fonction des prévisions, etc. Ce sont donc des données personnalisées à mes besoins.

Le tableau de bord a aussi une utilité au niveau des communications entre les unités de l’organisation ou entre les membres d’un projet qui travaillent sur des aspects différents. Cette fonction de cohésion est souvent négligée. Il est en effet rare que l’on présente le tableau de bord comme un outil rassembleur. Comme la cohésion d’une équipe et d’une organisation est une préoccupation des leaders, l’utilisation du tableau de bord est intéressante à analyser.

L’information contenue dans le tableau de bord est utile pour aider à comprendre les principaux développements ou les principales préoccupations d’unités avec lesquelles nous sommes moins impliquées. Par exemple, l’évolution de la satisfaction de la clientèle qui est une donnée clé pour le service de mise en marché est aussi une information importante pour le responsable de la production dont les produits ou les services seront utilisés par les clients. Le développement des compétences qui est une donnée clé pour les ressources humaines a une relation avec la qualité des produits et services qui est une préoccupation plus particulière pour la mise en marché.

Nous pouvons ainsi constater que l’information véhiculée par le tableau de bord pourra avoir comme effet de créer des solidarités entre les responsables de secteurs différents. Dans ce sens, il sera intéressant de mobiliser les responsables de différents départements pour créer le tableau de bord qui sera utilisé par l’ensemble. Cet exercice oblige chacun à présenter ses priorités et à comprendre celles des autres. La confection du  tableau de bord aura permis de mieux saisir les différentes préoccupations et son utilisation permettra de rappeler les préoccupations et mieux comprendre leur évolution.

Utilisez-vous beaucoup de tableaux de bord?

Quels sont les principaux indicateurs présentés?

Gérard Perron, PMP

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QUELLE CATÉGORIE DE COOPÉRATIVES EST LA PLUS POPULAIRE AU QUÉBEC?

Le Québec est reconnu pour son dynamisme en développement de coopératives. Savez-vous quelle catégorie de coopératives se développe le plus? En 2011, près de six nouvelles coopératives sur dix étaient des coopératives de solidarité[i]. Et ce n’est probablement pas un hasard, les coopératives de solidarité répondent la plupart du temps à des besoins de services de proximité. C’est une réponse des citoyens pour se prendre en main et se donner des services qu’ils trouvent importants pour la communauté. Par exemple :

« La Coopérative de santé de la MRC Robert-Cliche a pour mission de développer un réseau de services de proximité en soins de santé. Elle souhaite offrir aux membres une offre globale de services comprenant la médecine familiale, mais aussi des soins complémentaires et alternatifs. De plus, la coopérative souhaite intégrer la promotion et prévention de la santé dans ses activités[ii]. »

Une coopérative de solidarité est une coopérative qui regroupe les usagers d’un service, les travailleurs qui offrent le service et des partenaires de la communauté. Dans l’exemple plus haut, le conseil d’administration de cette coopérative est composé de membres qui représentent des secteurs géographiques de la MRC, d’un médecin, d’un membre du personnel et d’un membre du Mouvement Desjardins (qui a appuyé l’initiative). Des représentants du secteur de la santé siègent comme observateurs.

Ce que je trouve encourageant dans cette formule coopérative c’est l’esprit de prise en charge. La communauté se mobilise pour solidairement se donner un service au lieu d’attendre après le messie. Dans une société où la démocratie est malmenée (scandales électoraux, manque d’écoute des gouvernements, faible participation aux élections…), c’est réconfortant de constater que les regroupements démocratiques ont encore leur place.

Il faut aussi noter que la formule coopérative a su s’adapter pour permettre ce genre de regroupement où plusieurs partenaires siègent à la même table. En effet, on aurait pu penser que les intérêts des usagers de la clinique, des médecins et des employés étaient différents. S’ils ont des différences, ils ont aussi des convergences. La coopérative tire profit de ces convergences pour se développer.

Il faut féliciter et encourager les gens qui ont cet esprit collectif.

Connaissez-vous d’autres expériences que j’aurais pu mettre en évidence?

Gérard Perron, PMP

www.gerardperron.com

 


[i] Gouvernement du Québec, MDEIE, Direction des coopératives, Évolution des constitutions de coopératives non financières, 2002 à 2011, http://www.mdeie.gouv.qc.ca, janvier 2012

FAUT-IL SE DÉBARRASSER DU PATRON?

Plusieurs blogues et articles suggèrent de se débarrasser du patron. Est-ce la bonne solution? Je partage, sans prétention, mes expériences d’autogestion et je donne mon opinion sur les patrons. Un vidéoblogue de ±6 min.

LA RELÈVE POUR VOTRE ENTREPRISE EST PEUT-ÊTRE PLUS PROCHE QUE VOUS LE PENSEZ!

Plusieurs propriétaires d’entreprises pensent à laisser leur place et la relève est souvent plus proche que l’on pense. Il y a plusieurs options pour trouver de la relève. Je veux aujourd’hui profiter de l’année internationale des coopératives pour rappeler une option qui a fait ses preuves et qui permet une transition avec un bon encadrement.

Saviez-vous que les employés de votre entreprise peuvent être une relève idéale?

  • Ils connaissent bien votre organisation.
  • Ils vous ont appuyé tout au long de votre cheminement.
  • Ils sont intéressés à ce que l’entreprise prospère.
  • Ils veulent qu’elle demeure ancrée dans sa communauté.

Vous pourrez choisir votre échéancier de départ. Les employés peuvent acheter l’entreprise rapidement en formant une coopérative de travail et en devenant propriétaires. À ce moment, ils vont embaucher un directeur général qui sera responsable de l’administration. Ce dernier rendra des comptes au conseil d’administration de la coopérative qui lui donnera les grandes orientations.

Les employés vous laisseront probablement jouer un rôle de mentor pour que vous les accompagniez dans la transition. Ce qui vous permettra un retrait en douceur tout en jouant un rôle important pour eux et valorisant pour vous.

Vous pouvez aussi choisir d’y aller plus lentement en prenant une période de transition de quelques années et demeurer en poste comme actionnaire principal tout en vous départissant de vos actions selon un scénario décidé entre vous et vos employés. À ce moment, les employés formeront une coopérative de travail qui sera actionnaire de votre entreprise. La répartition des actions sera décidée conjointement. Ce sont peut-être les employés qui proposeront ce scénario pour se donner le temps de s’acclimater aux responsabilités d’entrepreneur.

Si vous doutez de la capacité de vos employés à prendre la relève de votre entreprise, je vous suggère de vous renseigner sur des expériences qui démontrent leur potentiel. Il y en a plusieurs au Québec et je vous présente quelques références :

Il y a aussi des expériences inspirantes en Europe, notamment en Espagne dans la région de Mondragon et en France avec le réseau des SCOP. Pour avoir personnellement visité la ville de Mondragon, je peux témoigner que c’est fort impressionnant de voir une multitude d’entreprises de 500 travailleurs et plus et qui sont toutes des coopératives de travail. Ces entreprises fabriquent des électroménagers, des wagons de métro, des bouteilles, des composantes de satellites, etc.

Plusieurs professionnels peuvent vous accompagner dans les différentes étapes. Des organisations comme Capital régional et coopératif Desjardins, Investissement-Québec, Fondaction, les Coopératives de développement régional, connaissent bien ces formules coopératives et peuvent guider aussi bien le propriétaire actuel que les employés.

Si vous pensez que les employés n’ont pas les moyens d’acheter votre entreprise, vous pourriez avoir des surprises. Il existe des programmes financiers qui facilitent l’accès à la propriété pour les employés. Les organismes mentionnés plus haut pourront vous renseigner.

Oserez-vous faire confiance à vos employés?

Connaissez-vous des expériences similaires?

Gérard Perron, PMP

www.gerardperron.com

AVEZ-VOUS DÉJÀ FAIT PARTIE D’UNE ÉQUIPE TRÈS PERFORMANTE?

C’est une question que je pose régulièrement lorsque je donne une formation sur la gestion des ressources humaines dans les projets. J’ai toujours des mains qui se lèvent pour partager leur expérience et c’est souvent avec passion qu’ils le font. Participer à une équipe très performante est une expérience stimulante, nous voudrions qu’elle dure indéfiniment. Malheureusement, par définition un projet doit se terminer.

Mais il y a pire, plusieurs n’ont jamais connu cette sensation : ce sentiment de confiance entre les équipiers; ce plaisir d’atteindre la qualité recherchée; ces moments de création collective…

Je n’ai pas compilé le pourcentage de ceux qui disent avoir participé à ce genre d’équipe, mais je partage l’idée qu’un maximum de 30 % des équipiers de projets a eu cette opportunité. Cette statistique vient du blogue d’Art Petty. Ce dernier, tout comme moi, n’a pas de prétentions scientifiques, mais il se fie à son expérience puisque comme moi, il donne de la formation en leadership.

Ceux qui ont vécu l’expérience d’une équipe très performante se désolent sûrement de ce résultat, car ils auraient souhaité que plus de gens partagent leur expérience. La réalité veut que l’environnement des projets soit souvent trop stressant pour obtenir cette synergie d’équipe. Je présenterai plus bas les facteurs qui empêchent ce résultat. Je veux d’abord présenter les caractéristiques d’une équipe performante et vous donner le goût de provoquer cet environnement.

Au lieu de vous donner des définitions théoriques d’une équipe performante, je vais plutôt vous présenter ce qu’en pensent ceux qui ont participé à de telles équipes. Pour ce faire, je vais reprendre ce qu’écrivait (en anglais) Art Petty dans le blogue mentionné plus haut.

Une équipe très performante :

  • Atteint ou excède ses objectifs.
  • Est un groupe dont les autres personnes veulent faire partie.
  • Est un groupe concentré, passionné par le but final du travail.
  • On y retrouve de la camaraderie.
  • « Nous étions impatients d’arriver au travail et nous avons détesté quand le projet s’est terminé. »
  • Est un groupe de personnes qui prospèrent en atteignant et dépassant leurs défis.
  • Est un groupe dont la mission est plus grande que les emplois individuels.
  • Est un groupe qui sait comment transformer les inconnues en actions. (une équipe apprenante)
  • Fonctionne avec des valeurs distinctes et met l’emphase sur la responsabilité individuelle.
  • Sait comment se battre et jouer ensemble tout en se concentrant sur les objectifs.
  • Célèbre les victoires et transforme les échecs en nouveaux défis

Je souhaite qu’un jour vous fassiez partie d’une telle équipe. Ce sera un plaisir d’aller travailler. Et si vous êtes le coach d’une telle équipe, vous avez du mérite pour ce succès, mais vous êtes bien récompensé par le sentiment de réussite collective qu’il procure. Naturellement, si nous décodons les conditions de succès, nous retrouvons le leadership, la confiance, l’inspiration de réaliser quelque chose d’important, l’esprit d’équipe, l’apprentissage et j’ajouterais la discipline.

Maintenant, analysons pourquoi 70 % des équipes n’ont pas droit à ce traitement de privilège. La réponse la plus courante est la faiblesse du leadership. C’est vrai que c’est la responsabilité d’un bon leader de réunir les conditions gagnantes mentionnées plus haut. Mais si cette réponse est la bonne, nous souffrons avec évidence d’une carence de bons leaders. C’est pourquoi j’aimerais que nous poussions un peu plus loin la réflexion.

Je pense que nos leaders malgré leur habileté ne réussissent pas toujours parce qu’il y a un manque d’écoute de la part des directions des organisations. Ces dernières ne fournissent pas toujours les conditions nécessaires à la réussite des projets. Parfois en ne leur donnant pas l’importance qui leur serait due. D’autres fois en n’accordant pas les ressources qui seraient nécessaires. Ce qui passe un message d’indifférence aux équipiers. Ça demande beaucoup d’ouverture de la part d’un dirigeant pour répondre rapidement aux changements que peuvent susciter des projets dans une organisation. Le leader du projet peut être très bon, si le supérieur ne réagit pas aux demandes de changements, le projet se développera de façon chaotique.

Vous allez me répondre qu’un excellent leader sait négocier et obtenir ce dont il a besoin. Peut-être, mais entre vous et moi, il y a souvent une bonne marge entre l’idéal et la réalité. La « vraie vie » nous enseigne que même d’excellents leaders se butent à des murs infranchissables. Nous reconnaissons ces leaders parce qu’ils vont tirer des leçons de ces échecs et en ressortiront grandis.

Avez-vous déjà fait partie d’une équipe très performante?

Et si oui, combien de fois?

Quelles étaient les conditions pour que ça se produise?

Gérard Perron, PMP

www.gerardperron.com